11/29/11

il est tarde. je cherche à rentrer chez moi, et je prends un chemin que je ne connais pas, un petit sentier qui longe les usines et la ville en coupant par la forêt. je commence à peine à entrevoir la nature, lorsque tout d'un coup, la nuit tombe. je suis plongée dans le noir et le silence. pourtant, je n'ai pas peur. je m'endors, quelques minutes tout au plus, et quand je me réveille, le soleil est là, et la forêt brille d'une lumière éclatante. je reconnais cette forêt. ce n'est pas une forêt ordinaire. c'est une forêt de souvenirs. mes souvenirs. cette rivière blanche et sonore, mon adolescence. ces grands arbres, les hommes que j'ai aimés. cet oiseau qui vole, au loin, mon père disparu. mes souvenirs ne sont plus des souvenirs, ils sont là, vivants, près de moi, ils dansent et m'enlacent, chantent et me sourient. je regarde mes mains, je caresse mon visage, j'ai 20 ans, 
et j'aime comme je n'ai jamais aimé.